La grève d’impôts : un concept révolutionnaire

La semaine à venir va voir, à Genève, la grève des enseignants. Ceux-ci protestent contre la suppression des cours d’appui pour les élèves en difficulté. Il s’agit d’une mesure budgétaire qui fait suite à un déficit d’impôt imprévu de 250 millions de francs suisses, le respect du frein à l’endettement rendant les mesures obligatoires.

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Tiens donc, à force d’empêcher les déplacements individuels, d’augmenter les taxes pour les hauts revenus, et autres mesures stupides telles que la suppression de places de parc sans limite de temps dans les quartiers résidentiels (aboutissant à la vente des véhicules par leur propriétaire, menant bien entendu à un déficit d’encaissement d’impôt sur les véhicules ainsi que sur le carburant), on assiste finalement au retournement de tendance, qui arrive avec une inertie telle que la plèbe politicarde n’arrive à en réaliser la cause.

En outre, la dette accumulée durant les cinquante dernières années est un fardeau extrêmement lourd à porter. Nos aïeuls ont hypothéqué l’avenir pour réaliser des projets utiles, mais aussi d’autres favorisant certains secteurs économiques, tels que la construction de ronds-points et de gendarmes couchés inutiles, qui plus est constituant des charges dans l’avenir, puisqu’il s’agira de les entretenir le temps venu, ces installations étant plus sujettes à l’usure qu’un simple tapis de bitume. Et dire que certains discours parlent d’investissements alors qu’il s’agit de dépenses !

Sans compter les tracas administratifs divers édictés par des bureaucrates obtus, par exemple les autorisations de construire, qui ont mené l’année passée au départ de plusieurs riches entrepreneurs, qui, après plusieurs années de lutte pour l’acceptation d’un projet, ont jeté l’éponge, vendu leur terrain et se sont établis dans le canton de Vaud. On peut d’ailleurs penser que le déficit de cette année a un lien direct avec ces quelques contribuables fortunés qu’on a opprimé par idéologie ou par jalousie.

Tout ceci nous amène à reconsidérer comment le contribuable peut contrôler et limiter la croissance inexorable d’un état, structure organique vouée à l’évolution comme tout organisme dans la nature, bien que non limitée dans ses moyens puisqu’autoproclamé monopole sur son territoire d’influence. Car c’est bien de cela dont il s’agit, un monopole imposé aux individus appelés « citoyen » dans le langage courant, mais qualifiés d’« assujetti » dans les règlements internes de l’administration. Bien entendu, le monopole en question est dirigé par des individus, dont la moralité ne peut pas, dans la globalité, dépasser celle des dirigeants de structures privées qui elles sont autorégulées par le marché libre et qui, si elles dépensent trop, sont éliminées par la concurrence.

Le seul moyen pour limiter la croissance de l’état est d’en limiter les revenus. A cette fin, je propose un concept révolutionnaire : la grève d’impôt ! En effet, en différant le paiement de ses impôts, il est possible de financer des investissements productifs dans l’économie privée, par exemple de nouvelles entreprises en développement qui créent de la richesse et de l’emploi, moyennant un intérêt moratoire de 3% par an (je parle ici de Genève). Il s’agit là d’un transfert de valeur à court terme du public au privé avec un coût du capital raisonnable pour l’investisseur et, dans une période où obtenir un financement par une banque devient impossible, une possibilité de favoriser un secteur de l’économie qu’on considère comme prometteur à long terme au détriment du secteur collectiviste qui par définition est une dépense et non un investissement. Finalement, la vertu de cette approche est qu’elle s’applique facilement et au niveau microscopique, contrairement aux décisions collectives qui nécessitent consultations, discussions et concessions, pour finalement arriver à la conclusion qu’on dépense la richesse au lieu de la restituer à son propriétaire.

Vos commentaires et questions sont les bienvenues, je suis particulièrement intéressé par vos expériences dans les autres cantons suisses (sommations et mises aux poursuites par l’administration fiscale lorsqu’on rembourse progressivement son passif d’impôts), à cette fin je vous prie d’utiliser le formulaire de contact.