Risque terroriste : Genève se ridiculise

La semaine dernière, les politiques et l’administration genevoise communiquaient que, sur la base d’une information des services de renseignement américains, les services de sécurité étaient à la recherche de personnes préparant des attentats dans le canton de Genève. Les investigations ont accouché d’une souris, puisque deux suspects syriens ont été interpelés à bord d’une voiture, et par la suite, un « survivaliste » a été l’objet d’une visite à domicile qui aboutissait à la découverte de plusieurs dizaines d’armes à feu.

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Les autorités ont déclaré avoir trouvé des traces d’explosifs dans la voiture des syriens. Ne s’agirait-il pas de nitrates ? Cela me rappelle un cas, il y a plusieurs années, où les organes de sécurité suisses avaient interpelé deux ressortissants d’Iran à la frontière entre l’Italie et le canton des Grisons. A cette occasion, des « traces d’explosifs » avaient été détectées dans le coffre de leur véhicule. Il s’est finalement avéré que les deux iraniens étaient des ouvriers agricoles et que les traces de nitrates provenaient d’un transport de sacs d’engrais pour les cultures !

Concernant la personne qualifiée de survivaliste, il s’agit d’un suisse de confession musulmane connu pour son activisme politique et religieux dans les milieux alternatifs ayant pour but déclaré la réinformation et l’étude sans préjugé de l’histoire et de la littérature. Je ne peux que rire lorsque je lis un article dans lequel la personne est (pratiquement) qualifiée de néo-nazi car on a découvert une collection d’armes (légales) dans son logement, ainsi que des drapeaux, dont un du troisième Reich allemand. Sérieusement, qui va croire qu’un homme, dont les parents ont immigré en Suisse et dont la confession est l’Islam, pourrait adhérer à des thèses racistes ?

Nous sommes typiquement dans un climat de paranoïa où les organes de sécurité, comme la population, font l’amalgame entre une ethnie et son présumé comportement terroriste ou dangereux pour la société. La chasse aux sorcières est lancée, le tout donnant une bonne excuse pour augmenter la présence policière et limiter la liberté des citoyens.

Ceci étant dit, il s’agit de ne pas négliger la menace terroriste en Suisse (la vraie, pas celle soufflée par nos amis des Amériques).

En premier lieu, la Suisse participe depuis une vingtaine d’année à des opérations militaires à l’étranger. Soyons clair : il n’est pas logique d’envoyer des militaires en tenue d’assaut à l’étranger en argumentant qu’il s’agit de missions de maintien de la paix ou logistiques ; ce type de mission devrait plutôt être exécutée par des organes de protection civile. En outre, le commandement est donné à des organes supra-étatiques, dont l’OTAN pour certaines missions.

En second lieu, la Suisse a clairement pris position du côté occidental et contre la Russie lorsqu’elle a, en 2014, condamné le comportement présumé de cette dernière concernant l’Ukraine en annulant la venue du président de la Douma (parlement) et en excluant la présence d’avions de chasse russes au meeting d’aviation de Payerne, dans le canton de Vaud.

Ainsi est morte la neutralité suisse, paix à son âme…

Cette prise de position pour le camp anglo-américain tourne donc tous les ennemis de celui-ci contre la Suisse, et les groupes radicaux islamistes en font partie. Il est donc plus que probable que la Suisse soit prise pour cible, toutefois il est une récurrence dans des attaques de ce type : elles ne sont jamais annoncées et les forces de sécurité sont toujours prises au dépourvu. Et pour ceux qui me répondront qu’en Suisse, il ne se passe jamais rien, je les renvoie à la vague de terrorisme arménien ayant sévi dans les années 70-80 et ayant vu l’explosion d’une multitude de bombes sur sol suisse sur des cibles suisses à l’étranger.

Ne regardons donc pas en direction des annonces grandiloquentes des autorités de justice et police, qui instituent un climat de crainte totalement inutile, mais plutôt vers les cibles potentielles. De tels actes doivent, pour choquer le plus possible, blesser et tuer des personnes innocentes et interviendront lorsqu’on s’y attend le moins. Arrêtons, en répétant le discours ambient comme des perroquets, d’affirmer que nous continuerons de fréquenter les lieux à forte affluence « pour montrer qu’on n’a pas peur », et préservons-nous d’être blessés ou tués par du bon sens et en évitant les gares et les aéroports aux heures d’affluence.

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