Start-ups, alternative aux sociétés cotées en bourse ?

L’apparition de plateformes de « crowd investing » (investissement participatif) met à portée de l’investisseur privé la possibilité d’entrer dans le capital de sociétés dites « start-ups », soit l’achat d’actions préférentielles dans les phases qui suivent la création de l’entreprise par leurs fondateurs. On finance donc une idée, s’agissant d’un accroissement du capital de la société pour financer la croissance de celle-ci.

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En ces temps où les marchés cotés se vendent à des multiples de bénéfices élevés, augmentant ainsi le risque de pertes potentielles en cas d’achat à ces niveaux de prix, l’investisseur cherche des alternatives afin de placer ses liquidités. L’alternative crowd investing représente donc une solution alléchante.

Première différence : les start-ups ne dégagent pas (encore) de bénéfices. Ainsi, l’entreprise va, dans une première phase, consommer du capital et accuser des pertes. Il ne faut donc pas s’attendre à une valorisation élevée durant les premières années, et, même si l’entreprise génère déjà des cash-flows, ceux-ci seront réinvestis dans la croissance de la structure.

Une autre grande différence est la liquidité. Les entreprises cotées sont échangeables en tout temps en bourse, alors que la vente de participations dans une entreprise non cotée se fait de gré à gré. Il s’agit donc de trouver un acheteur, la plupart du temps dans les actionnaires existants puisqu’ils ont souvent la priorité. Quoi qu’il arrive, la vente de tels titres se fera probablement à perte, l’entreprise consommant son capital durant les premières années.

En résumé, il s’agit d’opérations risquées ne dégageant pas de bénéfices et ne distribuant pas de dividendes, et desquelles on ne peut se départir. Ainsi je vous suggère de considérer celles-ci comme des spéculations et non des investissements. Je vous incite en outre à limiter la part de votre portefeuille allouée aux prises de positions spéculatives à une portion congrue de votre capital.

Les principes à appliquer :

  1. En premier lieu, calculer son risque de perte maximal. On adaptera ainsi notre position en fonction de la somme maximale que l’on peut perdre. On peut presque considérer la somme en question comme un don ;
  2. Acheter une start-up en fonction du potentiel subjectif de l’idée et du modèle de business. Les chiffres et projections articulés dans le business plan n’ont pas grande valeur, si ce n’est pour vérifier si les objectifs du scénario initial ont été atteints ;
  3. Porter une attention particulière aux personnes composant la direction, le conseil d’administration et l’actionnariat pré-existant. Les acteurs clé doivent être compétents et passionnés ;

Il existe de multiples opportunités dans les nouvelles entreprises. Toutefois, lorsqu’on a déterminé quelle part de notre capital est dévolu à des investissements (soit des business bénéficiaires et générant du cash-flow), il est préférable d’attendre que le marché nous offre une opportunité d’acheter le titre coté qui nous intéresse à bon prix, plutôt que d’y substituer une spéculation. Cependant, il est préférable de pratiquer l’allocation d’actifs dynamique, plutôt que de rester rigide sur les pourcentages d’allocation de notre capital et de rater une affaire à haut potentiel. C’est pourquoi je vous incite à fixer des objectifs indicatifs (par exemple 10% de votre fortune en spéculations), sans toutefois vous y tenir de manière rigide et en profitant des opportunités qui vous semblent à haut potentiel. De manière générale, si vous souhaitez constituer un portefeuille d’investissements, il est préférable d’accumuler du cash dans l’attente d’une affaire intéressante, plutôt que de vouloir absolument agir. Le maitre mot est : patience.

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