Revenu de base inconditionnel – de gauche ou de droite ?

La Suisse vote au mois de juin 2016 sur la mise en place d’un “revenu de base inconditionnel”. Le texte porte sur l’introduction d’un revenu, estimé à CHF 2’500.- par mois, qui serait versé inconditionnellement, que l’on soit productif ou pas. Il remplacerait en quelque sorte le système social.

argent-tombe-du-cielJe vous suggère de visualiser la vidéo ci-dessous, vous y verrez Milton Friedmann, père de la pensée économique d’inspiration libérale, cofondateur de l’école de Chicago et prix Nobel d’économie, défendre l’impôt négatif en arguant que la redistribution de celui-ci serait plus équitable et inciterait les classes pauvres à sortir de la pauvreté en entreprenant plus.

Il est intéressant de constater que des défenseurs du libre marché et de la politique du laisser-faire économique étaient également en faveur d’une redistribution du capital par le biais d’une indemnité distribuée en fonction des revenus de chaque ménage, inconditionnellement.

Pour ma part je doute qu’un tel revenu soit viable à long terme. En effet, la distribution systématique d’un montant mensuel correspond à l’injection directe de devise dans l’économie. Ceci aurait pour effet de créer/augmenter des bulles, par exemple dans l’immobilier, ce qui implique une augmentation des loyers. On a un excellent exemple actuellement avec les prestations complémentaires versées aux personnes âgées, permettant aux propriétaires d’augmenter les locations pour cette catégorie de personnes, au détriment des jeunes qui souhaitent se mettre en ménage.

Ainsi, les 2’500.- versés inconditionnellement engendreraient une augmentation des différentes charges, les personnes concernées ayant les moyens de payer plus, ainsi la valeur réelle des dits 2’500.- serait réduite à beaucoup moins après un certain nombre d’années. Ceci aboutirait soit au maintien du montant en question impliquant une baisse du pouvoir d’achat, soit à son augmentation qui aurait pour corollaire une augmentation des taxes et/ou une dévaluation de la monnaie par la banque nationale, une autre solution étant une politique d’immigration ou de natalité massive pour amener de nouveaux pourvoyeurs d’impôt. Tout ceci est exponentiel et amène à long terme un appauvrissement général de la population.

Observons déjà la situation actuelle des personnes âgées qui, avec une rente de vieillesse, ne parviennent pas à payer leurs charges. Cette même rente aurait été amplement suffisante il y a 30 ans, mais avec l’érosion de la valeur de la devise elle s’est transformée en pain sec pour les pauvres, les incitant effectivement par le bâton (et non la carotte) à reprendre une activité. Le revenu de base correspond à un schéma similaire, toutefois pour toute la population.

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