Kosovo : retour d’une zone en post-crise

La curiosité m’a amené à accepter une invitation à visiter le Kosovo, dans les Balkans. Je suis donc de retour de ce pays où j’ai passé quelques jours.

KosovoAprès une période de guerre entre 1998 et 2000, le Kosovo ayant été le théâtre de conflits entre la population de souche albanaise (musulmane) et celle de souche Serbe (chrétienne), le pays survis du revenu provenant de la Diaspora, principalement établie en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse. Le taux de chômage y est très élevé (45% de la population, 61% des 15-24 ans). Le salaire minimum y est de 200 euros environ.

Le gouvernement interdit d’ailleurs aux rentiers de pratiquer une seconde activité, c’est pourquoi ceux-ci utilisent des prête-noms pour développer leurs affaires et par la même le pays. La situation est quasi-anarchique, dans ce sens que les limitations imposées par l’état forcent les habitants à utiliser d’autres voies pour se développer. A titre d’exemple, les assurances sociales, retraite et incendie n’existent pas car les politiques ne s’entendent pas sur les modalités d’introduction de tels systèmes.

Nous sommes donc dans une situation de crise prolongée, propice à de l’investissement spéculatif. La nature gagnant toujours, ce n’est qu’une question de temps jusqu’à ce que les processus privés prennent le dessus sur l’état sclérosé. En outre les infrastructures routières, construites par les américains et les turcs, sont de bonne qualité.

J’ai observé un boom immobilier important, notamment dans la capitale, Pristina, où les immeubles poussent comme des champignons. Cela a pour effet à court terme de faire baisser le prix des appartements à vendre. Actuellement, dans la banlieue proche, un appartement de 74 m2 se vend entre 30’000 et 35’000 euros, et se loue à un loyer net mensuel d’environ 250 euros. Il s’agit donc d’un rendement net de 10%. Les financements bancaires étant rares, il est toutefois possible d’acheter en avançant des fonds propres, puis en payant des mensualités au promoteur.

Le potentiel de plus-value sur la valeur du bien est tributaire d’une ouverture du pays, c’est-à-dire une entrée massive d’investissement étrangers, d’un accès massif au crédit bancaire, respectivement une ouverture aux travailleurs des marchés occidentaux, qui ne manquera pas d’arriver. Une suppression du visa de Schengen pour les citoyens kosovars est d’ailleurs actuellement à l’ordre du jour, ce qui permettrait à une main d’œuvre spécialisée bon marché de proposer ses services.

C’est d’ailleurs une seconde opportunité qui se présente : l’externalisation de services à des entreprises kosovares, à moindre coût. J’ai par exemple rencontré un architecte qui proposait de réaliser une partie des travaux de planification pour le compte d’architectes suisses, ou d’un studio de montage cinématographique qui cherchait une base de clientèle européenne, tout en réalisant son travail directement depuis les Balkans.

Situation à suivre, les opportunités étant légion. Un investissement représenterai un risque important, mais avec un potentiel de gain également très élevé.

Devant de mausolée de Adem Jashari, fondateur de l'UçK et mort en 1998. Avec Labinot Rexha, chanteur et compositeur de musique traditionnelle albanaise.

Devant de mausolée de Adem Jashari, fondateur de l’UçK mort en 1998. Avec Labinot Rexha, chanteur et compositeur de musique traditionnelle albanaise.

 

 

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