Diversification politique et liberté

Nous évoluons dans un contexte où la liberté financière s’est amenuisée. Le gel ou la mise sous séquestre de votre patrimoine est possible relativement facilement, sur simple décision d’une autorité. Les contrôles de capitaux et les limitations de transactions en argent liquide amènent à une diversification de nos actifs dans différentes juridictions.mappemonde

Dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent de la drogue et du financement du terrorisme, un certain nombre de pays ont introduit des législations permettant de geler ou de saisir des avoirs, financiers ou tangibles, sur simple présomption. Il suffit parfois d’une décision administrative pour bloquer une grande partie du fonctionnement d’une personne physique ou d’une entreprise.

Il est également possible, dans un contexte de conflit politique inter-états ou lorsque l’on assiste à un bank-run, que le système bancaire en entier soit bloqué. Souvenez-vous de l’Iran qui a été coupé du réseau interbancaire SWIFT de 2012 à 2015, ou du contrôle de capitaux introduit à Chypre en 2013 et la fermeture des banques durant plusieurs semaines.

Il peut aussi s’agir de l’application d’un droit contractuel (politique d’une entreprise privée qui garde vos avoirs) basé sur le droit national de l’entreprise en question. Par exemple, le blocage du compte Paypal de Egon Von Greyetz, initiateur du vote « sauvez l’or de la Suisse », en novembre 2014. Celui-ci recevait des dons de soutien pour la campagne et Paypal, ne tolérant pas des dons parvenant à une personne physique, a simplement coupé l’accès sans information préalable.

Tout ceci nous amène à nous diversifier politiquement et juridiquement, afin de limiter, voire empêcher l’emprise que des bureaucrates ou des autorités de poursuite pourraient avoir sur nous. Il est par exemple nécessaire d’avoir une commission rogatoire en main pour pouvoir faire geler des avoirs d’une personne dans un pays tiers.

Ainsi, nous chercherons des prestataires de services financiers ou de stockage (pour les biens tangibles) dans différents pays, de manière à limiter le risque de blocage. Les crypto-monnaies décentralisées, si on utilise un portefeuille sans tiers garant des fonds, ne peuvent pas être saisies. Voici quelques idées :

  • Achat de métaux précieux physiques et stockage dans une autre juridiction (GoldBroker à Malte, Bitgold au Canada) ;
  • Ouverture de compte bancaire offshore dans une banque à réserve élevée et bien connectée, dans un pays stable ; Pour les francophones : Canada, Suisse (devient compliqué), Luxembourg ; Pour les autres : Autriche, Iles Cook, Hong-Kong, Singapour, Emirats Arabes Unis ;
  • Réserve pleine au moyen d’Uphold, siège social en Caroline du Sud, Etats-Unis ;
  • Rentes viagères (assurances) dans les deux juridictions strictes par rapport à la solidité des assureurs, soit la Suisse et le Liechtenstein ;
  • Achat d’immobilier de rendement dans une autre juridiction ; attention aux taxes immobilières ;
  • Création d’une société (compagnie) offshore, afin de créer une entité juridique locale et ainsi être soumis à la juridiction locale. Cela permet aussi d’éviter les blocages dus à la nationalité ;
  • Blockchain wallet, portefeuille bitcoin sans tiers garant des fonds.

Il existe bien entendu de multiples autres possibilités, je suis donc intéressé par vos propres expériences, merci de m’informer des opportunités de diversification que vous avez testées avec succès.

La diversification politique est un outil complémentaire aux diversifications d’actifs (monnaies, métaux, immobilier), deviens de plus en plus simple à mettre en œuvre grâce aux outils de télécommunication actuels, et permet de se protéger de décisions arbitraires d’autorités locales. Même avec des moyens modestes, il est possible de s’internationaliser. N’hésitez pas, passez à l’action maintenant.

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6 réflexions au sujet de « Diversification politique et liberté »

  1. Bonjour,
    avant tout, merci pour toutes les informations que vous partagez avec nous, un grand merci.
    Je me demande, si avec toutes les réformes que l’état français devra mettre en place, une fois que le crise mondiale aura éclatée, si le fait de posséder un bien immobilier ne sera pas dangereux, dans le sens ou le gouvernement fera tout pour récupérer de la monnaie et ils partiront du principe que les propriétaires ont de l’argent, donc il faut les taxer ! ?
    Si, nous restons dans cette optique là, pensez vous qu’il est encore temps de vendre un bien immobilier et d’investir dans d’autres valeurs tangibles ?
    Cordialement.
    Stef.

    • Bonjour Stéphane,

      98% d’accord avec vous, je pense simplement que la chasse a déjà commencé en France. L’augmentation de l’impôt pour les résidences secondaires est intervenu l’année dernière dans certaines régions, et on discute de l’introduction d’une valeur locative sur un principe similaire à ce que nous vivons en Suisse.

      Il est impossible de partir avec sa maison sous le bras, alors bien entendu, il s’agit d’une cible de choix pour l’état. En plus, si les taxes augmentent, le prix de l’immobilier diminue.

      Je ne sais pas s’il est pertinent et si c’est le moment de vendre, car c’est fonction de l’emplacement de votre propriété et du prix au moment de l’achat. Pour ma part, le plan serait plutôt de louer pour générer du cash-flow, et reprendre une location ailleurs, éventuellement à l’étranger.

      L’immobilier reste le moyen le plus rapide de constituer un patrimoine au moyen du crédit, impossible de lever autant de fonds pour constituer un portefeuille boursier ou financer l’achat d’un commerce.

      Salutations.

  2. Bonjour Eric, concernant les bitcoins un simple brain wallet et on peut traverser toutes les frontières les mains dans les poches. Dans le passé j’avais pensé ouvrir un compte bancaire à Singapour pour la solidité de leurs banques mais comme il faut passer par des intermédiaires j’ai eu peur que ça devienne vite compliqué et couteux.
    L’immobilier de rendement à l’étranger … c’est déjà compliqué chez soi.
    En fait comme nous vivons dans un monde de bulles: immobilières, monétaires, obligataires, actions, objets de collections, j’ai l’impression qu’après le big crunch qui nous ratissera où que nous soyons, il ne nous restera plus qu’à cultiver notre jardin pour manger 😉 .

    • Hello Galien.

      BrainWallet est une bonne idée pour transporter des avoirs sans qu’une trace soit détectable par les autorités de contrôle. Il faut juste ne pas oublier la phrase !

      Ok pour Singapour, s’agissait-il des obligations légales en termes de compliance (obligation de présenter un pièce d’identité sur place ou de la faire certifier conforme) ? Pour le Canada (et les USA), il est possible d’ouvrir un compte de courtage en fournissant une copie de pièce d’identité et une facture d’électricité par exemple. Pas besoin de se déplacer ou passer par un intermédiaire.

      Pour l’immobilier, c’est effectivement cher dans les pays où le crédit hypothécaire existe, toutefois si vous arrivez à trouver une bonne affaire (ratio loyer mensuel brut sur prix d’achat de 1%), c’est pertinent. Actuellement, c’est très difficile à trouver, mais lorsque les taux vont monter, il y aura des opportunités.

      Le terrain à cultiver est un actif intéressant, et actuellement, personne n’en veux (à part en Suisse, mais c’est un cas particulier). Et apprendre à cultiver est également un très bon actif ! 🙂

      • Bonjour Eric, je n’ai aucune difficulté à présenter une pièce d’identité, mais je me méfie beaucoup de certains intermédiaires. Finalement, il est important de préserver son patrimoine mais peut-être encore plus de diversifier ses sources de revenus et c’est là que se trouve la vraie difficulté. Les résilients de demain seront ceux qui sauront diversifier leurs activités.

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